Abderrazzak Benchaâbane : côté cour, côté jardin
13/05/2008 09:27Alexis Hontang
La passion des plantes a poussé Abderrazzak Benchaâbane sur des voies multiples : de professeur à parfumeur, en passant par organisateur de festivals. Tout ce qu’il touche devenant or, Benchâabane l’écolo s’est transformé en un redoutable businessman…
Benchaâbane se réclame de la nature. Élevé dans une famille modeste, ce Marrakchi a rencontré dame nature dès son enfance, lorsqu’il goûtait aux joies des vacances à la campagne. « Tout a commencé par les plantes et tout tournera autour des plantes, avoue cet homme de 49 ans, à la moustache poivre et sel. En tant que Marrakchi, on ne peut être insensible aux jardins. Je vais jusqu’à penser que l’âme de Marrakech réside en ses jardins : l’ombre des arbres procure de la fraîcheur, l’ambiance est propice à la rencontre, à la culture. »
Au fil du temps, Abderrazzak Benchaâbane a su cultiver son CV comme un jardin : professeur d’ethnobotanique, rédacteur en chef du magazine « Jardins du Maroc », directeur du festival Jardin’Art, ancien gérant du jardin de Majorelle (NDLR : jardin marrakchi, créé par le peintre nancéien Jacques Majorelle, en 1931) et parfumeur. Avec comme point commun de ces années de travaux, son chapeau. « Je le porte depuis 25 ans. Le chapeau apporte une certaine élégance. Une classe que j’essaie d’ailleurs de retransmettre à mes produits. »
Avec Yves Saint-Laurent
C’est certainement la délicatesse de son chapeau qui a su attirer le fameux couturier français Yves Saint-Laurent lorsque celui-ci recherchait quelqu’un capable d’impulser un souffle nouveau au jardin de Majorelle. « Ce fut une superbe expérience. On a réussi à mettre des plantes des cinq continents sur seulement cinq hectares ! ».
Depuis 2001, Abderrazzak Benchaâbane s’est lancé dans le parfum. Ses fragrances ont des noms évocateurs : Soir de Marrakech, Mogador (NDLR : l’ancien nom d’Essaouira), l’Agdal (NDLR : l’Agdal est un jardin de Marrakech), Casablanca et Festival (en allusion au festival du cinéma de Marrakech). « Je considère mes parfums comme des ambassadeurs olfactifs du Maroc ! »
Mais le côté écolo du Marrakchi au chapeau est l’arbre qui cache la forêt. Dans son 4x4 dernier cri, le Marocain s’est mué en un redoutable homme d’affaires qui vit à cent à l’heure, n’hésitant pas à couper son interlocuteur pour vanter les mérites de ses parfums à un couple de Français désarçonné par autant de belles paroles. Dame Nature peut attendre un peu…
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