À la sortie de prison verront-ils la fin du tunnel ?
01/12/2008 13:35Léa GauthierChalon
Le jeudi 27 novembre a eu lieu dans le cadre des Journées Nationales Prison un débat sur les mineurs en prison. Cette soirée d’échanges, organisée par le Groupe Local Concertation Prison (collectif de bénévoles) s’est tenue au Clos Bourguignon, à Chalon-sur-Saône, et a permis au public de discuter avec de nombreux intervenants sur les conditions de détention des mineurs incarcérés à la maison d’arrêt de Varennes le Grand et leur réinsertion.
La soirée commence par un court-métrage réalisé dans le quartier « jeunes » de la prison de Varennes. Ce film, intitulé « On peut changer » « veut donner la parole aux mineurs sur fond de dessin » comme nous l’explique, M. Prebolin, premier surveillant des mineurs à la prison de Varennes. Les détenus y parlent de la cité, de leurs origines, d’argent, de la vie en prison, de la délinquance et de la fresque qu’ils ont réalisée. On ne voit pas leurs visages mais leurs tags. Sur la fresque, ils ont écrit « ce qui ne tue pas nous rend plus fort ». Les jeunes expliquent que ce n’est pas une incitation à la délinquance car la prison ne rend pas plus fort, bien au contraire.
Après le documentaire, les intervenants montent sur scène. Parmi eux, Mme Gilet directrice adjointe départementale de la Protection Judiciaire de la Jeunesse, PJJ (organisme gouvernemental chargé des aspects éducatifs de la prise en charge des mineurs à l'encontre desquels des décisions judiciaires ont été prononcées). M. Pompigne, directeur du centre pénitentiaire de Varennes prend lui aussi part à la soirée car Varennes accueille 530 détenus dont 8 mineurs qui sont isolés dans le quartier jeunes où ils sont notamment pris en charge par des enseignants, dont l’un est d’ailleurs sur scène. On parle en premier lieu du quartier jeunes. Cette partie de la prison est « étanchéifiée » et ses détenus ont droit à un traitement spécial, en raison de leur âge. Dans ce quartier, l’aspect répressif de la prison est accompagné d’un aspect éducatif. Pour cela la prison de Varennes a deux professeurs des écoles à temps plein, aidés par des enseignants du second degré pour certaines activités. Ainsi les mineurs ont 12 à 13 heures de classe par semaine. En cours les mineurs sont sollicités en petit groupe par des projets et activités culturelles, destinés à but de changer leur rapport au savoir. De plus, ceux qui suivent encore une formation ont la possibilité de la poursuivre en prison. Ils peuvent ainsi passer leurs examens. Ils sont aussi suivis par des éducateurs de la PJJ. Ils réfléchissent avec eux sur les causes de leur incarcération et préparent leur réinsertion, notamment en rétablissant un lien avec la société. Comme le dit la directrice adjointe de la PJJ, « un adolescent en détention ne met plus de mots mais pose des actes » sur leur mal être. Ainsi tous les accompagnateurs des jeunes détenus communiquent beaucoup avec eux pour éviter qu’ils ne récidivent.
La table ronde s’achève et la compagnie Tout Simplement Nous monte sur scène pour un intermède. Cette compagnie de hip-hop chalonnaise présentera en mars 2009 sa nouvelle création « à l’œil libre » à l’Espace des arts. Ce spectacle veut donner une vision de la prison sans jugement. La prison est présentée telle que la voit Rachid Kassi, le chorégraphe, qui intervient auprès des mineurs en prison lors d’un atelier d’écriture et d’échange de savoir.
Après l’extrait dansant, le débat débute. Aux intervenants de la table ronde s’ajoutent le responsable du quartier jeunes de Varennes, la directrice adjointe de la prison et Rachid Kassi. Dans la salle se trouvent également des membres des différentes associations du Groupe Local Concertation Prison et un élu représentant le maire.
Au fil des questions, on apprend notamment l’emploi du temps des détenus. Ceux-ci se lèvent à 7 heures. Durant la journée ils vont à l’école en groupe (de 9 à 11 heures et l’après midi), ils ont une heure de promenade et ils effectuent des travaux généraux. A partir de 18 heures, ils sont dans leur cellule et ils y restent jusqu’au lendemain matin. Cette période d’enfermement est très dure pour les mineurs. Ainsi une journée sans école est une journée d’enfermement très difficile à supporter ! Pour les aider à ne pas broyer du noir, la prison emploie des psychologues et des psychiatres. Durant la journée, les détenus peuvent aussi recevoir des visites de leurs proches aux parloirs. Ils reçoivent aussi la visite d’aumôniers qui viennent, eux, dans leur cellule. Les aumôniers aident les jeunes dans leurs réflexions, les écoutent, tentent de leur redonner confiance et de les aider à retrouver une reconnaissance sociale.
Ainsi la prison a pour but de réprimander des jeunes qui sont allés trop loin, mais elle tente aussi de les aider dans leur réinsertion. Tous les intervenants en prison agissent ensemble pour aider les détenus à préparer leur sortie. Seulement, cela ne fonctionne pas à chaque fois…
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