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À la recherche de la faune disparue
21/08/2009 22:55Léa GauthierLa Réunion
Il y a 400 ans la Réunion était recouverte à 90 % de forêt. À l’heure actuelle plus des deux tiers de cette végétation ont disparu, par exemple la forêt de l’Ouest. Le conservatoire botanique national de Mascarin, implanté à St-Leu, tente de recréer cette flore sur sa propriété. Herbier de cette collection.
La patate à Durand
Localisation d’origine : Sur la plage
La forêt de l’Ouest commençait sur la plage, où les racines de la patate à Durand, plante rampante, retenaient le sable. Ainsi, il ne s’envolait pas sous l’effet des cyclones. Cependant comme elle n’est pas esthétique et gâche le charme des plages au sable fin, elle fut souvent arrachée.
Le veloutier
Sur la plage
Les plages étaient aussi le refuge des veloutiers du bord de mer. Les feuilles de cet arbre attiraient par leur odeur les tortues, qui venaient alors pondre sur les rivages de la Réunion. Mais les arbres ont été victimes de la déforestation, et les reptiles s’en sont allés (voir aussi page ??).
La saliette
Sur la plage
Les Réunionnais friands de carry, plat consistant, ont aussi éradiqué de leur plage les saliettes. Les feuilles de cet arbre ont comme particularité de filtrer le sel de l’eau de mer. Aussi les cuisiniers les utilisaient pour saler les carrys pour remplacer le sel coûteux.
Le benjoin
À la place de la savane
En s’éloignant de la plage, on s’enfonce aujourd’hui dans la savane. Ce paysage rougi par le soleil était autrefois lui aussi recouvert de végétation. Le benjoin, un arbre, que l’on y trouvait alors, est connu pour ses propriétés médicinales. « Son écorce fut utilisée pour concocter des tisanes, narre Joël Lin qui travaille au service éducatif du Conservatoire, mais un arbre sans écorce ne peut survivre et l’espèce est aujourd’hui menacée. »
Le bois de senteur blanc
À la place de la savane
Le bois de senteur blanc n’était quant à lui pas utilisé pour la médecine, mais pour la sorcellerie. Ses feuilles et ses tiges permettaient de jeter un mauvais sort. À cause de son écorce blanche, jugée laide, les Réunionnais lui ont attribué des pouvoirs maléfiques et l’ont coupé. De plus, chaque bois de senteur blanc est un mâle ou une femelle. Aussi dans la nature, éloigné d’une de ses paires, il ne peut se reproduire. Les croyances des hommes et cet obstacle naturel ont causé sa perte.
Le bois puant
À la place de la savane
Le bois puant, nommé ainsi à cause de l’odeur de sa sève, est lui aussi menacé à cause d’une difficulté naturelle. Sa graine est enveloppée dans une coque trop dure pour la laisser germer. « Auparavant les tortues mangeaient le fruit et broyaient ainsi la coque laissant la graine libre. Mais les animaux ayant déserté l’île, le bois puant se fait rare », commente Joël Lin.
Le bois d’ortie
Zone de transition
Il tient son nom de ses propriétés urticantes. Autrefois ses feuilles étaient utilisées pour favoriser l’engraissage des cochons. Elles irritaient la gorge de ceux-ci qui, pour faire passer cette sensation désagréable, engloutissaient encore plus de nourriture qu’en temps normal. Mais l’arbre n’a pas survécu aux cochons, car sans feuille il ne pouvait vivre.
Le bois de Judas
Forêt semi-sèche
Ce bois vivait parmi la forêt semi-sèche qui recouvrait totalement l’espace, 350 mètres après la plage. Pour accuser quelqu’un de trahison, on en déposait une feuille brisée au pas de sa porte. Et on trompait les clients en vendant le bois de judas pour du bois de fer, utilisé dans la construction des maisons, alors qu’il est beaucoup moins résistant que ce dernier.
Le bois de fièvre
Forêt semi-sèche
Le bois de fièvre s’est, lui, vu attribuer des propriétés contre l’hypertension et la fièvre. « S’il a une réelle influence pour soigner la tension, ce n’est qu’un effet placebo contre la fièvre », précise Joël Lin. Mais cela n’a pas empêché les Réunionnais d’utiliser ses feuilles en tisane pour se soigner, aux dépens de l’arbre.
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