À la claire fontaine…

26/07/2008 21:34Alexandre MathisAtlas

Se désaltérer dans l’Atlas n’est pas forcément chose aisée. L’eau courante y est rare et la boire fortement déconseillé. Côté politique, les choses bougent avec un projet de barrage censé tout résoudre.

Dans l'atlas beaucoup d'eau, mais elle n'est pas potable« Nous sommes au milieu de l’eau, mais nous n’en avons pas ! » C’est sur cette contradiction que Mohammed Oula Fssalt, membre du conseil municipal de Demnate ouvre le débat. La raison est néanmoins simple « Il y a deux soucis bien distincts : celui de l’eau courante et celui de l’eau potable, c’est-à-dire buvable. Demnate a de l’eau courante, mais pas suffisamment d’eau potable », explique Mohammed Essbaa, Professeur de SVT et membre de l’AESVT (l’Association des Enseignants de Science de la Vie et de la Terre).

« La région d’Azilal contient quatre gros barrages qui alimentent le pays en eau potable à hauteur de 50 % », souligne l’enseignant. Mais pour les riverains, le retard pris en matière d’approvisionnement est considérable. Dans le petit village d’Ait Omghar, les habitants vont ainsi encore au puits pour pouvoir récupérer de quoi s’abreuver. Cuisine, vaisselle et douches sont donc limitées à cet apport liquide. Pour les toilettes comme pour la douche, c’est tout au seau !

Les gens pauvres, ne pouvant s’acheter de bouteilles, boivent aux robinets, ce qui occasionne des maladies. « La meilleure recommandation que je peux donner aux touristes, c’est de boire de l’eau en bouteille, histoire de ne pas prendre de risques, prévient le conseiller régional d’Azilal, Mohammed Fssalt. Il y a trop de calcaire dans l’eau des puits. Elle n’est pas traitée. » La raison ? Le manque de station d’épuration.

Du système D au barrage

Des canalisations pour l'irrigation, pour amener l'eau dans les villagesLa gestion globale laisse encore à désirer alors le système D est de mise. Mohammed Fssalt, outre ses activités de conseiller, est avant tout gérant de l’hôtel Atlas à Demnate. « À 14 heures, il n’y a plus d’eau, s’insurge-t-il. Entre 6 et 14 heures, ça va, mais après, les hôtels sont obligés d’avoir des ressources dans des bidons de plusieurs tonnes. »

À Ait Omghar, une grande tranchée se creuse à la force des mains pour amener de l’or bleu. Nourredine Daifi, guide touristique à Demnate estime que les travaux seront finis en un an. « Il y a déjà une pelleteuse qui vient d’arriver, cela permet d’aller plus vite », s’amuse-t-il à dire.

Mais le système D et les petits travaux ne suffisent plus. Depuis 1982, la région a un budget prévu pour régler la question sans que des avancées concrètes soient visibles. « Le roi est venu pour lancer la construction du barrage Hassan II, explique le conseiller régional. Un canal de 39 km de long doit déboucher sur le barrage qui aura un débit de 100 litres/seconde. Ce projet de 24 millions d’euros a débuté en mai et doit s’achever dès 2009. » L’objectif est d’alimenter suffisamment la région en eau courante. En attendant, les seaux sont toujours de sortie.

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